War and Lies - Le workshop

Le workshop

Au mois de janvier, les journalistes sélectionnés ont été conviés à un workshop de deux jours à Sarajevo.

Au programme de ce workshop mis en oeuvre par Mediacentar Sarajevo: rencontre avec l’équipe de formateurs  venus d’Ukraine, de France et de Bosnie, présentations sur la circulation des fake news en temps de guerre et d’après-guerre, études de cas en Bosnie et en Ukraine, partage de techniques de déconstruction des fausses informations, réflexion sur les angles de reportages racontant les conséquences concrètes de la désinformation dans ces contextes…

L’un des formateurs ukrainiens, dont l’identité ne peut être révélée a partagé son histoire personnelle:
“J’ai dû fuir Louhansk en 2014, puis Severodonetsk où je m’étais réfugié après 2022. Mes parents ne peuvent pas quitter le territoire sous occupation. Je ne les reverrai probablement plus jamais, je ne pourrai pas les enterrer et ils ne connaîtront pas mes enfants.

« Tout cela à cause des mensonges de guerre. La désinformation a été utilisée comme outil politique pour justifier l’invasion de Louhansk en 2014. Elle est utilisée par les Russes pour couvrir des crimes de guerre, ou arnaquer les familles de prisonniers.  Il est arrivé que les forces russes publient une fausse information sur Telegram, annonçant une évacuation pour des raisons tactiques. Ça a eu des conséquences dramatiques : des civils ont cru devoir réellement évacuer et se sont retrouvés sous le feu de l’ennemi, » a-t-il expliqué.


War and Lies - Les journalistes sélectionnés

Les journalistes sélectionnés

Dix journalistes originaires de Bosnie, d'Ukraine et de France composent la première équipe du consortium War & Lies...

FRANCE

Marianne Meunier

Journaliste à La Croix, cheffe adjointe du service Culture après avoir dirigé les rubriques Moyen-Orient et Europe du service International, elle est spécialiste des questions internationales.
Elle mène de grandes enquêtes sur les enjeux culturels en contexte de conflit (patrimoine en danger, artistes en exil, trafics d’antiquités) ainsi que sur la littérature étrangère. Lauréate du Prix Louise Weiss du journalisme européen et du Prix franco-allemand du journalisme, elle allie expertise géopolitique et attention aux dynamiques culturelles et mémorielles.

FRANCE

Marie Boëton

Grand reporter à La Croix L’Hebdo, Marie Boëton couvre des sujets liés à la justice, aux droits humains et aux engagements citoyens, en France comme à l’international.
Membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), elle intervient régulièrement sur les antennes de Radio France. Lauréate du Prix Reporters d’Espoirs et du Prix Varenne, elle développe un journalisme attentif aux enjeux démocratiques et aux trajectoires de résistance contemporaine.

BOSNIE

Maida Saljanovic

Journaliste et chercheuse spécialiste des formes contemporaines de désinformation genrée et des discours de haine, elle a publié plusieurs recherches sur les fake news et les pratiques médiatiques en Bosnie-Herzégovine. Au War Childhood Museum de Sarajevo, elle développe des stratégies narratives éthiques fondées sur des témoignages d’enfants en temps de guerre.

BOSNIE

Edvin Ćudić

Journaliste et militant des droits humains basé à Sarajevo, Edvin Ćudić est spécialisé dans la justice transitionnelle, la mémoire des crimes de guerre et la réconciliation dans l’espace post-yougoslave. Président de l’association UDIK, il coordonne des initiatives régionales autour de la mémoire, du dialogue intercommunautaire et de la reconnaissance des crimes de guerre, tout en collaborant avec plusieurs médias de la région.

BOSNIE

Rijad Cerić

Journaliste multimédia basé à Sarajevo, diplômé en sociologie, Rijad Cerić travaille pour plusieurs médias indépendants en Bosnie-Herzégovine. Son travail combine reportages, analyses sociales et formats numériques, avec un focus sur les enjeux post-conflit, la mémoire, l’éducation aux médias et les dynamiques de désinformation, qu’il aborde également sous un angle narratif et pédagogique.

BOSNIE

Vladimir Kovačević

Basé à Banja Luka, en Republika Srpska, Vladimir Kovacevic est un journaliste d’investigation qui enquête sans relâche sur la criminalité et la corruption au sein de toutes les institutions de son pays malgré une tentative d’assassinat dont il a été la cible en août 2018. Les agresseurs ont été arrêtés et condamnés, mais les commanditaires de l’attaque n’ont jamais été identifiés.
« La désinformation est un enjeu majeur dans notre société, même trente ans après la guerre. Elle est aujourd’hui plus présente que jamais, des deux côtés du conflit. C’est très difficile à appréhender, mais ce n’est pas impossible. Le workshop de War & Lies m’a permis de découvrir des outils que je ne connaissais pas, et qui permettent notamment de détecter de fausses images. »

UKRAINE

Iryna Synelnyk

Journaliste indépendante de Chernihiv désormais basée à Pristina au Kosovo, Iryna Synelnyk couvre depuis plus de vingt ans l’actualité locale et nationale pour l’agence UNIAN et le Chernihiv Media Group. Depuis le début de l’invasion russe, elle se concentre sur les conséquences sociales de la guerre : violences sexuelles liées au conflit, personnes disparues, crimes de guerre et campagnes de désinformation.
Elle a elle-même été la cible d’une attaque informationnelle lorsque son média a été piraté et son nom et identité détournés dans une publication portant sur des fausses négociations de paix.

UKRAINE

Alona Malichenko

Journaliste d’investigation et fact-checkeuse basée dans la région de Poltava, Aliona Malichenko est spécialisée dans la lutte contre la corruption et la désinformation. Après plusieurs années comme reporter télévisée, elle s’est tournée vers l’investigation.
Formée dans plusieurs structures/worshop d’investigation (Kyiv Media School, OCCRP standards), experte en OSINT, elle développe des enquêtes sur la propagande russe, la manipulation médiatique et les stratégies d’influence.

UKRAINE

Liubov Velychko

Journaliste d’investigation basée à Kyiv, Liubov Velychko est reconnue pour ses enquêtes sur la corruption, les réseaux de désinformation et les influences politiques et économiques. Spécialiste de l’OSINT, elle excelle dans le traçage d’empreintes numériques, l’analyse de réseaux et l’exploitation de grands ensembles de données.
Lauréate de plusieurs prix nationaux d’investigation, elle a collaboré avec des médias ukrainiens et participe à des investigations transfrontalières régulièrement citées par des médias internationaux. Fellow de la Bertha Foundation et de Global Press, elle est également formatrice pour des journalistes régionaux.

UKRAINE

Olena Solodovnikova

Journaliste, réalisatrice et autrice basée à Kyiv, Olena Solodovnikova développe une approche hybride entre investigation, documentaire et production multimédia. Elle a réalisé plusieurs films documentaires consacrés à la guerre, aux traumatismes (notamment le PTSD), aux crimes contre le patrimoine culturel ukrainien et aux transformations politiques post-Maïdan.
Elle mène des enquêtes transfrontalières soutenues par des fondations européennes et participe à des programmes internationaux (DW Academy, Journalism Fund, IWPR). Autrice d’un livre publié en 2023, elle travaille également sur les enjeux de mémoire, d’identité culturelle et de migrations.


War and Lies - Les organisations partenaires

Les organisations partenaires

À l'origine du consortium War & Lies, aux côtés d'AFTER WAR, deux organisations: MEDIACENTAR SARAJEVO en Bosnie et l'INSTITUT POUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PRESSE RÉGIONALE en Ukraine.

Mediacentar Sarajevo

Basée en Bosnie-Herzégovine, il s’agit d’une organisation indépendante à but non lucratif engagée dans l’éducation aux médias, la formation des journalistes et la recherche sur la désinformation et les discours de haine.

Depuis sa création, elle a mis en place plus de 230 programmes de formation, réunissant plus de 2 000 participants issus de Bosnie-Herzégovine et de la région. Son action vise à renforcer les liens entre société civile et médias afin de soutenir la démocratie et les droits humains dans les Balkans. Mediacentar joue également un rôle clé dans la promotion de normes journalistiques éthiques ainsi que les récits liés aux crimes de guerre et à leur négation.

Une expertise essentielle dans les contextes post-conflit.

Aller sur le site Mediacentar Sarajevo

Regional Press Development Institute RPDI - Інститут розвитку регіональної преси ІРРП

L’Institut pour le développement de la presse régionale est une organisation ukrainienne à but non lucratif, qui soutient le journalisme indépendant en Ukraine, en particulier en dehors de la capitale, où sont concentrés les grands groupes médiatiques.
Le RPDI propose des programmes de formation pour les journalistes d’investigation, un service de fact-checking, une assistance juridique y compris la saisie de requête auprès de la Cour européenne des droits de l’homme.

Depuis 2018, le RPDI mène notamment l’initiative « Behind the News », destinée à renforcer l’esprit critique au sein de la société civile. Parmi les réussites: 50 conférences sur l’éducation aux médias destinées à 2 000 étudiants et activistes + Une campagne en ligne qui a touché 8 millions de personnes sur Facebook en 2024.

Une autre initiative majeure du RPDI : la Conférence des journalistes d’investigation ukrainiens: un événement phare qui rassemble chaque année près de 200 journalistes venus d’Ukraine et de l’étranger…

Aller sur le site RPDI

War and Lies - Appel à candidatures

Une formation de deux jours pour les journalistes de Bosnie-Herzégovine, de France et d’Ukraine

« Quand la désinformation bouleverse des vies : raconter, vérifier, résister à la désinformation »

Janvier 2026 | Sarajevo, Bosnie-Herzégovine

Les candidatures sont ouvertes pour une formation unique et internationale qui réunira des journalistes de Bosnie-Herzégovine, de France et d’Ukraine.

Pendant deux jours, les participants enrichiront leurs connaissances pour lutter contre la désinformation via des récits incarnés afin de raconter les drames humains produits par les fake news.

Cette formation est organisée dans le cadre du projet WAR & LIES : Guerres et mensonges, le coût humain de la désinformation, porté par la Fondation Mediacentar Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), After War (France) et le Regional Press Development Institute (Ukraine).

à propos de la formation

  • Durée : 2 jours intensifs
  • Lieu : Sarajevo, Bosnie-Herzégovine
  • Dates : 13 & 14 janvier 2026
  • Nombre de participants : 10 journalistes (4 de Bosnie-Herzégovine, 4 d’Ukraine et 2 de France)
  • Langue de travail : anglais (la formation se déroulera intégralement dans cette langue)

La formation sera animée par des journalistes, mentors et formateurs expérimentés issus des trois pays partenaires.

Elle portera sur :

  • Les techniques du reportage ;
  • Les méthodes de vérification des faits dans des contextes complexes ;
  • La construction de récits qui aident les publics à mesurer les conséquences et les dangers de la désinformation.

Les participants développeront leur idée de reportage pendant les ateliers et recevront un accompagnement individuel. Leur reportage sera centré sur l’impact que la désinformation peut avoir sur la vie de personnes vivants dans des contextes de conflit ou de post- conflit.

Les candidats devront joindre à leur dossier une lettre d’intérêt du média pour lequel ils travaillent – ou, dans le cas des pigistes, d’un média – confirmant leur volonté de publier l’article produit dans le cadre du programme.

programme et accompagnement

  • Deux jours d’ateliers pratiques encadrés par des journalistes et experts internationaux.
  • Une approche mêlant fact-checking, reportage et narration visuelle.
  • Des outils concrets pour vérifier l’information et lutter contre la désinformation.
  • Un accompagnement personnalisé pour développer un projet de reportage en commun avec l’autre journaliste français·e sélectionné·e.
  • Des échanges entre journalistes de Bosnie-Herzégovine, de France et d’Ukraine, pour partager expériences et bonnes pratiques.

mentorat et bourses

À l’issue de la formation, les participants sélectionnés bénéficieront d’un programme de mentorat de quatre mois.

Accompagnés par les mentors des organisations partenaires, ils produiront leur propre reportage sur les conséquences de la désinformation dans un contexte de guerre ou d’après guerres dans leur propre pays .

Les participants recevront une bourse de 600 euros brut pour la production de leur reportage.
Les frais de voyage, d’hébergement et de production visuelle seront pris en charge par le projet, dans la limite d’une enveloppe de 900 euros, et uniquement pour des reportages réalisés dans le pays de résidence des participants.

frais de participation

Aucun frais d’inscription.
Les frais de voyage, d’hébergement et de restauration à Sarajevo sont entièrement couverts par les organisateurs.

critères d’éligibilité

La formation est ouverte aux journalistes qui :

  • Vivent et travaillent en Bosnie-Herzégovine, en France ou en Ukraine ;
  • Comptent au moins une année d’expérience professionnelle (presse écrite, en ligne, radio, télévision ou multimédia, photographique) ;
  • S’intéressent aux thèmes de la désinformation, des droits humains, et aux contextes de conflit et post-conflit ;
  • Maîtrisent parfaitement l’anglais, à l’écrit comme à l’oral (obligatoire, la formation étant en anglais) ;
  • S’engagent à participer activement à l’ensemble de la formation et au programme de mentorat.

dossier de candidature

  • CV (2 pages maximum).
  • Lettre de motivation (700 mots maximum) expliquant votre intérêt pour cette formation et l’idée sous forme de pitch développé du reportage que vous souhaitez écrire. Ce pitch doit présenter : le sujet et son importance, l’angle, les personnages et les lieux de reportage envisagés en France.
  • Un exemple de travail journalistique publié (lien ou PDF, en langue originale).
  • Une lettre d’intérêt d’un média confirmant sa volonté de publier le reportage produit.

critères de sélection

Une attention particulière sera accordée aux candidats :

  • Ayant déjà travaillé sur la désinformation, les conflits, les droits humains, l’égalité de genre.
  • Faisant preuve d’un réel intérêt pour le travail en équipe et les collaborations internationales
  • Ayant une vision claire de la manière dont cette formation pourra nourrir et renforcer leur parcours professionnel.

Les candidats présélectionnés pourront être invités à un entretien en ligne dans le cadre de la sélection finale.

candidatures et date limite

Les dossiers complets doivent être envoyés à : contact@afterwar.info
avec pour objet : « Candidature – Formation WAR & LIES, le coût humain de la désinformation »

Date limite : 15 décembre 2025

informations complémentaires